Formation à l’égalité filles-garçons : Faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité

« La formation à l’égalité ne bénéficie qu’à une minorité des 900 000 personnels enseignants et non enseignants qui travaillent dans les écoles, les collèges et les lycées », regrette le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dans son rapport « Formation à l’égalité filles-garçons », publié ce 22 février. Ainsi, cet enseignement reste optionnel dans les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l’éducation) et disparate sur le territoire.

Seule la moitié des ESPE estiment avoir formé la totalité de leurs étudiants « pour un volume horaire variant de 2 à 57 heures annuelles ». Par ailleurs, pour les personnels déjà en poste, seul 1 % des journées de formation continue concernait l’égalité femmes-hommes en 2015-2016.

Des stéréotypes sexistes 

Or, selon le Haut Conseil, des progrès restent à faire sur cette question, car les personnels enseignants et d’éducation restent « aux prises, comme l’ensemble de la société, avec les stéréotypes sexistes ». Par exemple, les enseignants interagissent en moyenne plus souvent avec les garçons (56 %) qu’avec les filles (44 %).

Quant aux programmes et manuels scolaires, ils continuent à minorer l’importance des femmes qui restent cantonnées à des rôles traditionnels. Ainsi, dans les manuels de CP, les femmes représentent 40 % des personnages et 70 % de ceux qui font la cuisine et le ménage, mais seulement 3 % des personnages exerçant un métier scientifique. Du côté de l’orientation, en seconde générale, parmi les élèves ayant 10 de moyenne, 27 % des filles vont demander une première S, contre 41 % des garçons.

Généraliser la formation initiale sur l’égalité filles-garçons

En conséquence, le Haut Conseil préconise de renforcer et généraliser la formation initiale des personnels sur l’égalité filles-garçons. Il suggère « un module dédié obligatoire, l’intégration de cette question à l’ensemble des cours et la présence de personnes ressources au sein des ESPE ». Il propose aussi d’en faire une compétence requise pour l’obtention des diplômes.

En matière de formation continue, le Haut Conseil recommande de développer l’offre sur ce thème en encourageant les personnels à y participer. Enfin, il préconise d’élaborer « un Guide pratique de la formation à l’égalité filles-garçons visant à accompagner et outiller les professionnels de l’Éducation nationale ».

Lire le rapport du Haut Conseil