La Nouvelle-Calédonie met en œuvre le droit à l’éducation pour tous !

" Pour parvenir à la refondation d’un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Calédonie met en œuvre le droit à l’éducation pour tous, sur le fondement de la Constitution de la République française, des conventions internationales, des normes et des dispositions qu’elle adopte dans le cadre de ses compétences. 2 Les accords de Matignon et d’Oudinot en 1988 et l’accord de Nouméa en 1998 sont à l’origine du processus politique qui permet aux calédoniens de vivre dans la paix et de bâtir leurs institutions. Dans ce cadre, une Ecole adaptée aux réalités du pays doit être construite. Afin de contribuer à la promotion et à la réalisation des individus et des communautés, et notamment du peuple kanak, elle doit prendre en compte l’héritage historique et le contexte de la décolonisation qui est le sien, en y intégrant le rôle essentiel des écoles de mission et de l’enseignement professionnel.

Ainsi, la dimension plurielle d’une école conjuguant les apports et les valeurs de la tradition républicaine, de l’éducation traditionnelle kanak et de l’enseignement privé confessionnel doit être valorisée dans le processus de construction de l’Ecole de la Nouvelle-Calédonie rendu possible par les transferts de compétences opérés en 2000 et 2012, qui confèrent à la Nouvelle-Calédonie une grande partie des responsabilités en matière d’enseignement. La construction de l’Ecole de la Nouvelle-Calédonie doit également prendre en compte la répartition des compétences organisée par la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 afin que son projet éducatif repose sur l’engagement de l’ensemble des acteurs de la communauté éducative dans le cadre d’une démarche de co-construction, d’évaluation et d’évolution constante.

La Nouvelle-Calédonie doit améliorer les prestations de service public qu’elle offre en matière d’enseignement, en veillant, à travers un projet éducatif ambitieux et innovant, à une meilleure adéquation de ses pratiques aux enjeux et réalités du pays. Lieu d’accueil et de formation de tous les enfants, l’Ecole calédonienne contribue aux défis du rééquilibrage. En tant qu’instrument d’émancipation individuelle et collective, elle joue un rôle fondamental dans le développement du « vivre ensemble », en devenant le creuset du destin commun. Pour ce faire, l’identité et les caractéristiques de l’Ecole calédonienne doivent être orientées vers la réussite de tous les élèves sans aucune discrimination. Inscrite et insérée dans son environnement, l’Ecole de la Nouvelle-Calédonie doit contribuer à former des citoyens engagés pour la construction de leur pays, mais aussi aptes à s’insérer dans un contexte d’ouverture régionale et internationale.

Pour cela, la Nouvelle-Calédonie se fait un devoir d’offrir un service public d’enseignement, laïc et gratuit à tous les enfants afin de mettre en œuvre la cohésion scolaire. L’Ecole calédonienne porte les valeurs de la République, « Liberté, Egalité, Fraternité », ainsi que les valeurs universelles rassemblant les communautés de la NouvelleCalédonie autour de la devise du pays « terre de parole, terre de partage », dans un esprit de reconnaissance, de respect mutuel, de partage et de persévérance porté par le Préambule de l’accord de Nouméa. L’Ecole calédonienne contribue de la sorte à forger une citoyenneté qui s’appuie sur la solidarité, la tolérance, l’équité et le respect.

Ces objectifs doivent permettre de répondre aux dispositions de l’article 1.3.3 de l’accord de Nouméa qui précise que « les langues kanak sont, avec le français, des langues d'enseignement et de culture en Nouvelle-Calédonie. Leur place dans l'enseignement doit donc être accrue et faire l'objet d'une réflexion approfondie ». Ils exigent également la mise en œuvre d’un principe d’adaptation de l’Ecole calédonienne aux contextes locaux, permettant la reconnaissance des différences et la construction de parcours individualisés de qualité.

Le principe de laïcité de l’enseignement fonde la reconnaissance de la liberté de l’enseignement, en tant que garantie apportée aux enseignements publics et privés, mais également en tant que garantie offerte aux parents pour le libre choix du mode d’éducation dans le respect des convictions personnelles.

Le principe de l’équité est le fil conducteur de la politique éducative de la NouvelleCalédonie. Celle-ci s’oblige en conséquence à mettre à disposition de chacun, et notamment des enfants en situation de handicap ou en difficulté, les moyens nécessaires dans une logique d’inclusion à leur formation et à leur réussite, en fonction de leur situation singulière.

L’égalité d’accès et de traitement des élèves, pour les filles comme pour les garçons, signifie que chacun doit pouvoir effectivement accéder à l’instruction. La Nouvelle-Calédonie accorde à ce titre les aides spécifiques nécessaires ; elle lutte contre toutes les formes de discrimination, elle valorise en conséquence la diversité humaine et respecte la singularité des individus et des cultures.

Le principe de gratuité scolaire concrétise ce rejet des discriminations et le devoir de l’Etat et de la Nouvelle-Calédonie de garantir le droit à l’éducation. La jouissance de celui-ci impose à la Nouvelle-Calédonie de s’assurer de la gratuité de l’inscription dans l’enseignement public et de limiter, dans la mesure des moyens dont elle dispose, les coûts induits par la scolarisation.

Sur le fondement de ces principes essentiels, la Nouvelle-Calédonie s’assigne comme objectif de développer une Ecole de qualité qui fédère l’ensemble de la population dans le projet de vivre ensemble. L’Ecole de la Nouvelle-Calédonie se doit donc de favoriser l’épanouissement de l’élève, en lui offrant un accueil et un encadrement bienveillants.

Elle encourage en son sein la pratique de la citoyenneté, afin d’initier les enfants aux débats démocratiques et de les inciter à s’engager au service du bien commun. Elle se propose en conséquence de former tous les jeunes pour les aider à devenir des citoyens responsables et épanouis tant sur le plan personnel, professionnel que civique et social, notamment à travers la mise en œuvre d’un parcours civique qui s’appuie sur les ressources offertes par l’Ecole. Cette ambition se traduit par la reconnaissance de droits concrets au bénéfice des élèves leur permettant l’exercice de la citoyenneté dans les établissements, mais également, par réciprocité, par une obligation de respect des personnes et des biens.

L’Ecole calédonienne doit donc instruire, former, éduquer et transmettre en s’assignant comme but premier de s’ancrer pleinement dans les réalités sociales, économiques et culturelles de la Nouvelle-Calédonie. Elle prépare également à l’insertion professionnelle et sociale de chaque enfant de la Nouvelle-Calédonie dans le contexte d’une société en évolution permanente. "